Sans définir des principes, des lignes directrices et des moyens mnémotechniques², il devient vite ardu de choisir les bonnes options au bon moment sans en faire trop ou trop peu, le tout dans un océan de possibilités. 

Comme toute bonne construction, les fondations sont importantes au sein de ce que nous portons. 

J’aime tout particulièrement travailler par strates du plus proche de ma personne au plus lointain. 

Mon Niveau zéro reste mon corps en tant que l’outil qui va me permettre de porter les autres échelons de mon matériel. 

C’est aussi lui qui détermine le poids total et donc l’étendue de ce que je suis en mesure de supporter. 

L’âge, le sexe, l’état de santé, notre psychologie du moment et bien entendu notre niveau physique influent sur ce paramètre. 

Le drill², le fait de répéter inlassablement les mouvements inhérent à l’utilisation de ses outils permet lui de rendre utile et efficace les autres niveaux d’équipements. 

En effet, pourquoi porter tel ou tel objet si son fonctionnement nous est complètement inconnu? 

C’est le syndrome de la lacrymogène Grigri Talisman qui va bien vite finir au fond d’un sac après son achat. Elle sera très rapidement oubliée au milieu de nombreux autres items. 

Si par malheur, son utilisation est nécessaire, en plus du stress induit par la situation, il faudra composer avec la recherche et la découverte de son emplacement ainsi que de son usage…  Ce qui donne lieu à des moments de solitude intense (plus de gaz, on spraye dans le mauvais sens, on la fait chuter etc)

Le corps forme également le seul outil que nous ne pouvons pas perdre et qui peut s’améliorer sans cesse.

La construction d’un physique basé sur la fonctionnalité et l’opérationnel revêt tout son sens. 

On ne s’entraîne plus pour paraître mais, pour faire. 

Le cardio-training, la musculation, la natation, les étirements… viennent donc servir un but bien plus grand que celui de dévoiler une « shape² » de rêve. 

Celui de pouvoir faire face à tout ce qui pourrait survenir en étant à l’aise avec son corps. Hors la capacité à survivre et à faire face, est pour moi la définition même de ce que je considère comme l’intelligence. 

Le niveau 0,5 est constitutif de nos vêtements et de nos équipements solidement fixés au niveau 0. Il se définit par des matériels qui restent sur nous toute la journée. Des éléments que nous ne pouvons pas poser ou égarer facilement. 

La montre ou les bracelets utilitaires, au même titre que ceux que nous portons autour du cou sont de parfaits exemples. 

A titre informatif je porte une montre « G-SHOCK² » à rechargement solaire  avec une boussole bouton.

Sur l’autre poignet, un compteur de pas manuel sous la forme d’un bracelet.  

Cela, va m’aider à rester orienté en connaissant ma direction globale (mon cap), la durée de mes déplacements et grâce au compte pas, la distance précise que j’ai parcouru. 

Je suis donc en mesure de dire qu’à partir de tel point j’ai marché plein Nord pendant quatre heures et que j’ai parcouru tel distance. 

Autour du cou, je retrouve une petite lampe type « photon² » de couleur rouge qui peut rester bloquée en position allumée faisant ainsi office de marqueur lumineux. 

 Je porte également des plaques métalliques comportant mes informations utiles comme le nom, le prénom, le numéro de sécurité sociale, groupe sanguin etc. 

Finalement, ici on est sur de l’aide à la situation d’urgence avec l’identification par les plaques, le repérage par marquage lumineux² de nuit et par le fait de pouvoir fournir aux secours des informations précises sur nos déplacement.

Le premier niveau, forme une version ultra compacte de ce que l’on porte sur nous dès que l’on doit sortir.

C’est un peu ce que tout un chacun emporte quand il sort de chez lui : un téléphone chargé, un portefeuille et des clés. 

La particularité de ce niveau réside surtout dans les petits détails comme le choix du téléphone et des applications qui y sont installées (GPS, boussoles, lampe torche, enregistreur vocal, miroir, un scanner de documents avec une copie des papiers importants, bloc-note, podomètre, des applications de premiers secours, code morse etc.) 

Personnellement, j’ai fait le choix d’un smartphone type baroudeur durci, très résistant, possédant une bonne batterie et donc une bonne autonomie. 

 On retrouve ici avec la boussole et la lampe installées dans le téléphone  un principe connu dans le survivalisme, le doublon ou plutôt « le deux c’est un et un c’est rien² » popularisé par « Vol West ». Pour faire simple, si mon téléphone n’a plus de batterie ou si je le perds ou le casse, il me reste la boussole au poignet ainsi que la lampe autour du cou.

Dans la coque, carte de crédit (pareil, en avoir deux si l’une ne fonctionne pas), argent liquide et chèque. Le but c’est de pouvoir acheter en toute situation un trajet en taxi, une nuit à l’hôtel, de l’eau ou de la nourriture, bref ne pas finir en galère etc. 

Dans le portefeuille, mes papiers d’identité, quelques pastilles « MICROPURS² » (une solution pour purifier de l’eau qui ne pèse rien), une paire de gants nitriles² ainsi que des petites fiches de rappel pour les fréquences radios par exemple.

A noter qu’on peut tout à fait adopter la stratégie du portefeuille leurre qui consiste dans le fait de posséder sur soi une version sans aucune valeur,  faite pour être volée remplie de cartes périmées et de très peu de liquide. 

On placera bien évidemment cette version dans une zone facilement accessible, permettant aux pickpockets de subtiliser le leurre, et non pas l’original. C’est donc ce leurre, qu’on viendra à manipuler dans les lieux publics et donner si l’on venait à être menacé.

On peut  adjoindre un kit SERE (survival, evasion, resistance and escape)² placé à des endroits stratégiques du corps . J’y reviendrai dans un prochain billet.


Mes clés, quant à elles, seront renforcées par l’ajout d’un système lacrymogène de type « PALM » ou « KEY DEFENDER ASP² », mais également un petit marqueur indélébile pour laisser un message, inscrire l’heure de pose d’un compressif ou d’un garrot, etc.  

Le niveau deux vient compléter ce cœur d’équipements avec des objets qui viennent à demeure dans les poches de mes vêtements. On retrouve ici la « règle des trois L² ».

La lacrymo déjà présente sur les clés, la lampe rechargeable, puissante, résistante aux chocs donc tactique comme les « FENIX² » et autres « SUREFIRE² ». 

Et pour finir, la lame. Les possibilités sont grandes a ce niveau. J’affectionne tout particulièrement les griffes de « Fred Perrin », très petites, extra plates et d’une prise en main excellente. 

De quoi prendre des notes, donc un stylo en métal renforcé pour éviter la casse et un carnet. Ceux qui veulent optimiser encore plus peuvent prendre un carnet étanche type « RITEINTHERAIN » et une cartouche « FISHER SPACE PEN ». 

Un pansement compressif Israélien², des gants nitriles² (oui encore !)  et du sérum physiologique.

Un paquet de mouchoirs, des écouteurs, du duct tape (du ruban adhésif ) enroulé autour d’une fiole plastique de gel hydroalcoolique. Briquet mini bic. On notera la possibilité d’utiliser le gel hydro comme allume feu d’urgence. 

Le niveau trois est un Every Day Carry² (ce que l’on porte sur nous tous les jours)  sous stéroïdes dans une pochette ou un micro sac. 

On y retrouve de l’eau, un chargeur puissant de téléphone et de la lampe, un trauma kit² avec notamment un garrot tourniquet, pansement compressif Israélien² encore, kit bobologie, gants de travail, lampe frontale, bonnet, quelques barres de céréales etc.

Le format de ce genre de pochettes et l’utilisation de la technologie « MOLLE² » lui permettent de glisser facilement dans un compartiment d’un véritable sac à dos ou d’être fixé à la ceinture ou sur des passants « MOLLE² » justement.

Le niveau quatre, c’est le sac à dos que tout le monde porte. Du simple « EASTPACK » aux sacs militaires 5.11 et « MYSTERY RANCH ». Son rôle est double. En premier lieu, transporter le niveau trois.

On peut donc voir que L’EDC² sous stéroïdes du niveau précédent est parfaitement autonome des autres échelons. On peut le porter seul, le fixer sur un gilet tactique, le changer de sac facilement. 

Dans un second temps, la quatrième échelle va servir de compartiment de stockage en vue d’une activité particulière comme le sport ou bien faire ses courses, aller travailler…

Le niveau cinq ce n’est ni plus ni moins que le niveau trois dans un sac de mission 72h ou bien un sac de randonnée.

 C’est-à-dire un sac déjà bien plus gros avec une bonne autonomie. Typiquement, on y retrouvera des contenants entre 45 et 100 litres en fonction. 

On y verra l’ajout de matériel spécifique à l’activité comme un couchage, carte IGN, vêtements chauds et coupe vents lors d’une grosse marche en montagne par exemple. 

C’est également dans ce niveau qu’on pourra placer les gros « BOB BUG OUT BAG² » » ou sac d’évacuation mais, dans leurs versions “j’irais survivre en forêt”. 

Le niveau six est un peu le back up², la zone où l’on va y intégrer du matériel beaucoup plus confort, ou qui vise à remplacer les éventuelles casses, pertes vol ou consommables.

 Il ne s’agit pas d’un sac destiné à être porté sur de longue distance. C’est un sac de camps ou de déchargement. Cela peut aussi être présent sous la forme de  caches d’équipements, de zones de ravitaillements, de boîtes aux lettres mortes ou même carrément de collègues ou amis chez qui on peut venir se réapprovisionner. .  

C’est dans cette catégorie que l’on retrouve tout ce qui n’est pas vital mais, qui réconforte. Le côté « MORAL ». 

Le niveau sept c’est le domicile, la base autonome durable², notre lieu de vie. Là où l’on peut pleinement déployer nos procédures.  Réparer, produire, entretenir etc

Une zone de sécurité relative ou l’on viendra se reposer et travailler sur nos stratégies. 

La division en différents niveaux va permettre une sectorisation de nos équipements pour notre esprit. Il s’agit de lui faciliter la tâche. 

C’est comme si nous passions d’un grand tas de linge au centre de la pièce dont on ne sait trop que faire à plein de boîtes différentes ou nous allons pouvoir tout ranger. 

Notre objectif est de nous simplifier la vie en utilisant des concepts qui peuvent paraître complexes. 

Les phrases d’accroches  comme « la règle des 5C² », « la règle des trois² », « 2 = 1 1 = 0² »,  courantes dans le monde du survivalisme, ne sont que des aides mémoire histoire de ne pas s’embrouiller. 

On reprend ici une des techniques favorites de l’armée et des métiers spécialisés, le jargon, les acronymes, les noms techniques. 

Pour celui qui maîtrise cet outil, il deviendra encore plus rapide et efficace mais, pour le novice c’est tout bonnement une autre langue. 

Il s’agit là de processus d’apprentissages qui vont, par la suite, venir offrir une fluidité rapide à son utilisateur. Mais avant d’en arriver là, on en revient à la notion de « DRILL² ». 

Le jargon, bien que très chiant pour beaucoup de personnels, permet une précision et une uniformisation du langage. Il n’y a qu’une seule façon de comprendre tel concept, car sa définition est la même pour tous. 

On pourrait juger un tel degré de perfectionnisme inutile dans nos tâches quotidiennes. 

Mais c’est justement lors de situations de stress exceptionnelles que l’on trouve sa force.

Notre structure en base sept est similaire. Elle permet d’optimiser notre emport moyennant une période de réflexion et d’assimilation. Une fois à l’aise avec les différents niveaux, tout devient plus clair et plus fluide. On évolue ainsi aisément entre les niveaux. Ce qui permet d’ajuster en fonction de nos activités, nos systèmes d’emports. 

Bien évidemment, il s’agit ici d’une base de réflexion qu’il vous appartient de personnaliser et d’adapter à vos besoins. 

Se pencher sur notre équipement d’un point de vue organisationnel permet un gain de temps et d’énergie sur le terrain. C’est d’ailleurs sur zone lors d’entraînements qu’il faut non pas réfléchir au pourquoi du comment, mais tester nos théories. 

La pratique permettra une transmutation de nos simples hypothèses en principes véritablement applicables. 

Ainsi la phase de recherche expliquée dans cet article est intrinsèquement reliée aux « RETEX² » du terrain. Sans quoi elle devient vite un non sens.